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Mariage et famille

 
 
 

12.03.2012

Intégration de la dimension de genre et éducation sexuelle

M. Hikmat

On a beaucoup parlé cette année de « l’intégration de la dimension de genre ». Mais qu’est-ce donc précisément? À quoi ressemblent cette théorie et sa mise en oeuvre? Et qu’ont-elles à voir avec l’éducation sexuelle planifiée en Suisse?

Dans « gender mainstreaming », l’expression anglaise pour « intégration de la dimension de genre », « gender » désigne « le sexe social ou psychologique », par opposition au sexe biologique. Du point de vue de l’intégration de la dimension de genre, le sexe biologique n’est pas une donnée « naturelle » mais socioculturelle. Un nouveau tableau des rôles sociaux des femmes et des hommes est brossé dans le but de détruire l’image biblique de l’Homme. « Mainstreaming » signifie « intégrer dans le courant dominant ». Ou, plus précisément, « que certaines pensées et agissements soient repris dans le "courant" – en politique et dans l’administration – et devienne un modèle d’agissement évident ».(1) Le thème « intégration de la dimension de genre » est appelé à devenir essentiel.

En politique et dans les médias, l’intégration de la dimension des genres est en général associée à la « parité » des femmes et des hommes, mais il s’agit de bien plus: il s’agit de l’abolition des sexes et de la mise sur un pied d’égalité de toutes les orientations sexuelles. On exprime ainsi que « les hommes » et « les femmes » n’existent pas sous la forme de groupes homogènes (2), mais que chacun doit choisir lui-même son orientation sexuelle ou, autrement dit: chacun a le droit à l’identité sexuelle qu’il a lui-même choisie. Le site internet du ministère allemand de la famille, des seniors, des femmes et de la jeunesse précise: « Personne n’est que masculin ou que féminin » (3).

Avec l’intégration de la dimension de genre et le « dépassement » de la construction sexuelle bipolaire, chacun a désormais diverses possibilités de convoquer son imagination et d’être ou de devenir ce qu’il aimerait être, en fonction de son envie et de son humeur: hétéro-, homo-, bi- ou transsexuel, etc., ou une fois l’un, une fois l’autre. L’univers de l’intégration de la dimension de genre ne connaît aucune frontière. Ce n’est plus le sexe qui compte, mais le genre. L’écrivaine française féministe Simone de Beauvoir avait très précisément formulé en 1949 le postulat de base de l’« idéologie du genre » dans son livre Le deuxième sexe: « On ne naît pas femme, on le devient. » (4) Le sexe biologique ne serait donc qu’une construction. En 1999, le gouvernement fédéral de la Suisse a décidé d’un « plan d’action » pour mettre en oeuvre la « parité hommes/femmes » par les autorités fédérales. Celui-ci précise: « L’intégration de la dimension de genre doit être prise en compte dans toutes les politiques, programmes et projets, dans toutes les activités gouvernementales et non-gouvernementales. » (5) La discipline « études de genre » est déjà ancrée dans de nombreuses universités, et l’on a à ces fins publié plusieurs manuels de formulation sexospécifique. Soit les mots doivent davantage apparaître au féminin soit l’on conserve une forme neutre. Selon le « guide romand d’aide à la rédaction administrative et législative épicène » la manière d’écrire un texte doit être changée de façon à respecter l’égalité entre les sexes. Voici quelques exemples: « Zone non-fumeur » devient « Zone sans fumée », ou encore « Le canton offre à ses visiteurs un spectacle inoubliable » devient « Pour qui visite le canton, celui- ci offre un spectacle inoubliable ». (6)

La Bible aussi a été « genrisée »: 2006 a été marquée par la parution d’une nouvelle traduction allemande, la « Bible en langue équitable » élaborée par plusieurs biblicistes allemands, autrichiens et suisses, 40 femmes et 12 hommes. On y trouve entre autres: « Voici comment vous devez prier: Dieu, notre père et mère qui es aux cieux. » (Matt. 6, 9). En outre, la Suisse dispose maintenant d’un Centre de compétences pour les droits humains, opérationnel depuis le 1er avril 2011. Il a pour mission d’encourager la mise en oeuvre par la Suisse de ses obligations internationales en matière de droits humains à tous les niveaux de l’État (7), comme le droit à l’« orientation sexuelle » et à l’« inter- et transsexualité ». L’intégration de la dimension des genres comporte entre autres la parité hommes/femmes dans toutes les sphères du travail et de la vie, un accès libre à la contraception et à l’avortement, une nouvelle définition du mariage et de la famille, la mise sur un pied d’égalité de toutes les orientations sexuelles et l’incitation à l’éducation sexuelle dès le jardin d’enfants.

Éducation sexuelle dès la petite enfance

Il est plus simple de manipuler une société si l’on manipule la jeune génération et surtout les enfants. L’éducation sexuelle dans les écoles n’y a pas été introduite en réponse à un désir de l’opinion publique. Aucun lobby parental ne l’a exigé. Alors quels objectifs et quelles motivations se cachent derrière ce phénomène? Le « concordat HarmoS » entré en vigueur le 1er août 2009 constitue la base légale de la conception et de l’application future de normes nationales imposées à l’école obligatoire par la Conférence des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP), conformément à la Constitution (art. 62, al. 4). Le concordat HarmoS rend obligatoires deux années de jardin d’enfant. Le but de l’Harmonisation de la scolarité obligatoire est « l’application des objectifs nationaux de formation (compétences fondamentales disponibles actuellement dans quatre disciplines) et des plans d’études régionaux (Plan d’études romand, Lehrplan 218 pour la Suisse alémanique et plan d’études du Tessin). Le Plan d’études romand sera progressivement introduit dans les classes romandes dès la rentrée scolaire 2011/2012. Les cantons alémaniques vont – selon la plani fication actuelle – décider d’introduire le leur en 2014; son élaboration inclut 21 cantons, soit tous les cantons germanophones, les cantons bilingues et le canton des Grisons. Au Tessin, des travaux de révision des programmes d’études ont été lancés ». (9)

Dans ce même sens, le « Centre de compétence pour l’éducation sexuelle à l’école » de la Haute école pédagogique de Suisse centrale PHZ a été mandaté par l’Office fédéral de la santé, section Prévention et Promotion, pour élaborer le « document établissant les bases d’une pédagogie sexuelle à l’école ». Ceci dans le but d’ancrer l’éducation sexuelle à l’école publique, d’encourager la formation et la formation continue des enseignants dans les hautes écoles pédagogiques ainsi que d’informer et de recommander des supports modernes pour la pédagogie sexuelle. (10) L’État fédéral a subventionné le Centre de compétences de décembre 2008 à juin 2011 à hauteur de 670’000 francs, et, en guise de consécration du travail effectué, a reconduit son soutien jusqu’en juin 2013 à hauteur de 600’000 francs – en définitive avec l’argent des contribuables.

La page 22 du rapport « Bases pour le Plan d’études 21 » (11) précise que les droits fondamentaux suivants ne sont pas négociables: la partie hommes/femmes dans tous les domaines de la vie, l’auto-détermination sexuelle, le libre choix du concubinage, du mode de vie ainsi que du moment d’avoir des enfants et de leur nombre, la mise sur pied d’égalité des différentes orientations et identités sexuelles. La page 12 précise que la sexualité est conditionnée par le contexte culturel et psychosocial, qu’elle n’est pas déterminée par les « stéréotypes » attachés à l’homme ou la femme et qu’elle englobe les formes de vie hétéro-, homo- et bisexuelles. Nous voyons ici très clairement le lien avec l’idéologie du genre. L’éducation sexuelle à compter du jardin d’enfants devient donc obligatoire. Il faut donc s’attendre à l’interdiction des dispenses de cours sur motivation religieuse, par exemple.

Le comité « expert »

Le Centre de compétences est soutenu par un comité d’experts, dont font partie le groupe d’expertise Bildung LOS, Pink Cross (fédération suisse des lesbiennes et homosexuels) et PLANeS (12) (Fondation suisse pour la santé sexuelle et reproductive, qui représente l’organisation internationale « IPPF » (13) (International Planned Parenthood Federation) en Suisse), selon laquelle les droits sexuels doivent être garantis (Pro-Familia en Allemagne). La partenaire du centre de compétences en Romandie PLANeS, qui encourage également l’éducation sexuelle à compter du jardin d’enfant, a déjà des contrats avec l’Office fédéral de la santé. L’association professionnelle ARTANES (14) (Association romande et tessinoise des éducateurs et formateurs en santé sexuelle et reproductive) en Romandie est aussi membre de ce comité, ainsi que L’experte Madame le professeur docteur Karla Etschenberg (Allemagne) qui est connue pour encourager l’éducation sexuelle, avec un accent particulier sur les valeurs sociales et éthiques comme l’autodétermination et l’intégration de films pornographiques dans l’enseignement scolaire.

Une résistance contre cet encouragement ciblé à la sexualisation précoce en Suisse s’est constituée en juin 2011; elle a récolté le nombre impressionnant de 91'000 signatures en à peine trois mois avec la pétition « Contre la sexualisation de l’école obligatoire ». Elle exige entre autres qu’il n’y ait aucune obligation à suivre les cours d’éducation sexuelle, que les élèves suivant les cours d’éducation sexuelle ne reçoivent aucune incitation à des jeux et pratiques sexuels, par exemple dans les livres, aucune pornographie, ni aucune influence en matière d’orientation sexuelle. Après le succès de la pétition, il reste désormais à espérer que les responsables de la formation et de l’éducation vont réagir en conséquence. Futur CH vous tiendra au courant de l’évolution de la situation.

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futur-ch@zukunft-ch.ch

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1 www.gendercompetence.net/wDeutsch/gender-mainstreaming/index.php?navanchor=1010015
2 www.genderkompetenz.info/genderkompetenz/gender/genderkompetenz/gender/index.html
3 http://www.gender-mainstreaming.net/gm/Wissensnetz/was-ist-gm.html
4 http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Deuxième_Sexe
5 Plan d’action de la Suisse, éditeur: Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes, Berne, juin
1999; téléchargez en format PDF sur: http://www.ebg.admin.ch/dokumentation/00012/00198/in
dex.html?lang=fr
6 http://www.hefr.ch/files/hesso/ecrire_les_genres.pdf
7 http://www.skmr.ch/frz/domaines/genre/politique-genre.html
8 www.lehrplan.ch/
9 http://www.edk.ch/dyn/23265.php
10 http://www.amorix.ch/fr/centre-de-competences/mandat/
11 http://www.amorix.ch/fileadmin/media/amorix.ch/Grundlagenpapier_Sexualpaedagogik_
Version_4_1-F.pdf
12 http://www.plan-s.ch/spip.php?page=sommaire
13 www.ippf.org/NR/rdonlyres/49E80704-61E5-455E-AF59-306FF3E1F96E/0/SexualRightsGerman.
pdf
14 www.artanes.ch
L’idéologie du genre doit déterminer nos pensées et nos actions et cela devrait commencer déjà avec les enfants à l’école, par exemple dans les cours d’éducation sexuelle.